Financement start-up : peut-on bootstrapper sans réduire sa croissance ?

En France, 90% des start-up créées font faillite, selon une étude de l’INSEE. Pour passer entre les mailles du filet, et faire partie des 10% restant, il faut avoir l’énergie, la motivation et les compétences pour réussir. Pour autant, cela ne suffit pas toujours. Ce qui compte aussi, ce sont les sources de financement. Or, toujours selon l’INSEE, 29% des créateurs d’entreprises ont lancé leur projet avec moins de 2 000 euros.

Avoir une idée et lancer son affaire n’est pas compliqué. Savoir gérer sa croissance et maîtriser ses finances est, en revanche, plus complexe.

En particulier quand on n’est pas, peu ou mal entouré. Et même si les start-up françaises lèvent de plus en plus de fonds, parmi ces dernières et toutes les jeunes pousses, le recours à l’endettement ou l’ouverture de capital est nettement moins en vogue. C’est pourquoi on parle justement de bootstrappping : un financement autonome et un grand sens du système D.

Entre volonté de rester propriétaire de son projet et absence d’accompagnement des fonds et des banques, le bootstrapping est un phénomène qui s’inscrit comme un levier de financement agile en vogue, et qui prend de plus en plus d’importance dans le milieu entrepreneurial.

Le bootstrapping : retour aux fondamentaux

Le bootstrapping consiste à ne pas requérir au financement extérieur. Il faut donc faire avec ce qu’on a à sa disposition et dans son réseau. Ce n’est d’ailleurs pas toujours une volonté d’indépendance absolue, revendiquée ou militante. Certains entrepreneurs ne disposent d’aucune garantie personnelle, ce qui peut les dissuader de solliciter les banques. Au lieu de consacrer son temps et son énergie à aller chercher de l’argent, les entrepreneurs peuvent se concentrer sur leur business. On se place donc dans une logique d’économie où le moindre euro généré en chiffre d’affaires sert le levier de l’autofinancement.

Parmi les bonnes pratiques du bootstrapping, on retrouve ainsi le fait de réduire au maximum le nombre de salariés pour s’entourer des bons profils (équipe pluridisciplinaire), de réduire les dépenses de fonctionnement, de se baser sur des relais de croissance tiers (co-branding, partenariat, affiliation…), et d’être en permanence en mode itérative façon test and learn pour pivoter très vite.

Le point noir du bootstrapping reste la trésorerie. Coincé entre croissance à grand pas et restriction budgétaire, chaque investissement doit pouvoir être réalisé au plus vite, mais avec ses propres fonds. Et pour ce faire, toujours dans l’esprit bootstrapping, certaines start-up font le choix du financement des ventes au travers de solutions de leasing ou d’affacturage afin d’améliorer leur trésorerie.

Les 8 bonnes pratiques du bootstrapping

financement start-up

#1 – Privilégier l’usage à la propriété

De manière générale, il faut acheter le moins possible, car cela impacte la trésorerie. Cela signifie éviter l’emprunt bancaire pour tous les actifs (locaux, téléphones, ordinateurs, outils de production, etc.).

Il vaut mieux miser sur l’abonnement qui permet de se servir de ces outils, matériels et logiciels sans avoir à mettre en danger ses finances. En privilégiant l’usage à la propriété, la start-up a une plus grande visibilité sur ses dépenses courantes pour optimiser son fonds de roulement et son BFR. Elle sait précisément combien elle dépense chaque mois et peut piloter sa stratégie plus sereinement.

#2 – Construire son business-model dans une logique d’abonnement

Si l’abonnement est une formule gagnante pour remplacer l’achat, c’est aussi une bonne pratique pour vendre. Avec un business-model basé sur l’abonnement, les clients payent une somme prévisible sur le long terme. On peut ainsi calculer son revenu mensuel récurrent (ou MRR pour Monthly Recurring Revenue) et se focaliser sur des KPI particuliers pour mesurer son activité (taux d’attrition, nombre de clients, etc.). Pour la start-up, plus besoin de relancer pour être payé, car tout est automatisé.

#3 – Faire financer ses ventes pour dégager de la trésorerie

Croître coûte de l’argent : il faut produire, déployer les offres, assurer le service prévu, embaucher des commerciaux, etc. Or, une fois le business-model transformé en abonnement, il est possible de faire financer ses ventes. Le partenaire qui finance les ventes avance la totalité du montant et la start-up peut ainsi toucher une somme importante, dès la signature du contrat. De quoi renflouer sa trésorerie et organiser son développement.

#4 – Optimiser son recrutement

Les sociétés qui font du bootstrapping recrutent des profils capables de s’adapter à la culture de l’entreprise, qui soient résilients, adaptables et touche-à-tout. Le but est d’avoir les compétences utiles pour travailler, sans créer de liens de dépendance sur une expertise spécifique, ce qui pourrait faire chavirer le navire en cas de départ (démission ou licenciement).

#5 – Adapter sa roadmap

Pour générer des ventes, il faut être dans un processus d’amélioration continue. On peut ainsi travailler sur des projets innovants pour générer un maximum de ventes. Cela peut être un nouveau produit, une nouvelle itération ou l’adaptation d’une offre aux attentes du marché. Plus la roadmap est claire et partagée, plus elle sera efficace.

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#6 – « Better Done Than Perfect » : adieu le perfectionnisme !

Il faut aller vite et se contraindre à produire des évolutions chaque mois avec des mises à jour fréquentes. C’est un modèle que l’on retrouve dans le SaaS par exemple. Plus le produit grandit, plus il s’enrichit, et plus il peut capter une clientèle importante. Pour y parvenir, il ne faut jamais chercher la perfection, mais avoir quelque chose qui fonctionne. Il sera toujours temps de l’affiner plus tard.

#7 – Scalabilité, mon amour !

Pour bootstrapper, il faut aller vite et générer du chiffre d’affaires. Pour y parvenir, les services constituent la meilleure solution : pas de produits à fabriquer, pas de problème logistique, pas de stocks à surveiller, etc.

#8 – S’entourer des bons mentors

C’est une personne extérieure qui peut vous aider et vous conseiller. Ce n’est pas forcément un entrepreneur, mais quelqu’un de confiance qui saura vous parler en toute franchise. Un ancien patron, un ancien collègue, un ami d’enfance, un membre de la famille, une association d’aide à l’innovation, un réseau de start-up, etc. Ce qui compte, c’est de ne pas s’isoler.

Le bootstrapping est un levier de croissance à considérer pour les start-up. En maîtrisant sa trésorerie, en renforçant ses compétences, en misant sur l’abonnement et en s’entourant des bons partenaires pour financer ses ventes et rechercher de précieux conseils, la start-up qui bootstrap est prête à décoller ! Pour mieux comprendre comment bootstrapper sa start-up avec le financement des ventes, je vous invite à découvrir notre ebook sur le sujet 20 raisons de privilégier la location à la vente en B2B.

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